Cherche acteur en prévention Kiné préventologue ou préventeur…
| Kinésithérapie | |
Présentation :St Brieuc de Bretagne, en plein cœur du pays de la coquille St Jacques sans corail, près de 100 kinésithérapeutes se sont réunis pour le 5e congrès national de CNPK. KOP (Kiné Ouest Prévention) emmené par son capitaine Christian Meignan et son équipe de Kopins et Kopines ont admirablement assuré l’organisation de cet évènement où se sont conjuguées rencontres professionnelles, amicales et découverte d’une région où il fait bon vivre. FMT Mag retrace sous la plume de Jean-Pierre ZANA les temps forts de ce congrès pas tout à fait comme les autres. Dès réception du pré-programme on savait qu’il fallait se préparer à un congrès placé sous le signe de la convivialité mais aussi de l’échange de pratiques professionnelles, sérieux, solide, et presque scientifique. Lorsque l’on était appelé à intervenir, les consignes étaient clairs, fortement inspirées de la rigueur des grands congrès internationaux. Il fallait se tenir à un cadre et chapeau les organisateurs se sont aussi tenus au respect du cadre que l’on attendait d’eux : respect des horaires, des temps de paroles, avec une petite frustration du manque d’échanges entre la salle et les intervenants. La générosité bretonne à laisser trop de temps aux intervenants venus faire la promotion de leur savoir-faire et par voie de conséquence peu de temps aux échanges verbaux. Mais l’amiral avait tout prévu les questions étant écrites…les réponses seront publiées sur le site du congrès. La première session “Session VIP” une session “vieilles charrues et gros zinzins”, une session “chut ! çà tourne”, des tables rondes, des katas équilibr’age ou manutention et vous avez le menu de ce congrès où se sont croisées des sensibilités différentes d’un même objectif kinésithérapique : LA PREVENTION. Il y a dix ans déjà dans une ville voisine, Plerin, sur le même thème les mêmes sensibilités se sont confrontées. Les débats avaient clairement montré que les intervenants en prévention n’utilisaient pas les mêmes outils et ne poursuivaient pas tout à fait les mêmes objectifs. Qu’il est long et fructueux le chemin parcouru par nos confrères, à la lumière de leurs présentations. Il est clairement établi, que tous ceux qui ont investi le champs des séniors, celui du prolongement en collectif de la prévention des lombalgies ont investi le champs de l’éducation pour la santé et leurs actions sont encourageantes pour la diversification de l’activité. Les groupes mis en œuvre, subventionnés ou non, montrent, si cela est encore nécessaire, le rôle social du kinésithérapeute. Il est un acteur de santé de proximité, bien identifié, compétent tant sur le plan thérapeutique avec la diversité de ces pratiques que sur celui des conseils et des accompagnements qu’il est capable d’organiser dans le périmètre du quartier, de la ville ou du village dans lequel il exerce son art. L’incontournable André Petit et sa “gym ballon”, pour le taquiner, est un des précurseurs de ces groupes qui ont leur sens pour réconcilier les français avec leur santé physique. Ces professionnels du corps et de l’esprit, ces thérapeutes préparés à observer avant d’agir savent mieux que quiconque guider un deux ou dix sujets vers les chemins tortueux du mieux-être. Sans string sur le justaucorps, avec des mots simples pour des jeunes, des moins jeunes et des très anciens, chacun modestement à montrer un peu de leur savoir-faire qui cachait un grand savoir-être. Un autre volet du congrès concernait la prévention en entreprise, un axe d’action du CNPK depuis toujours qu’il a cherché à développer non sans certains succès à la lumière de certaines présentations. Mais la question de leur efficacité au sens de la PREVENTION telle qu’elle est attendue par les stratégies nationales, les partenaires sociaux, l’assurance maladie reste posée. Afin que chacun comprenne, il semble utile de souligner ce qui doit être entendu par prévention des risques professionnels. C’est l’ensemble des dispositions à mettre en œuvre pour préserver la santé et la sécurité des salariés, améliorer les conditions de travail et tendre au bien-être au travail. Elle s’inscrit dans une logique de responsabilité sociale des entreprises : elle vise à anticiper et à limiter les conséquences humaines, sociales et économiques des accidents du travail et des maladies professionnelles. Elle se traduit par des enjeux, un engagement et une volonté politique au sein de l’entreprise. Elle repose sur des principes, des méthodes et des outils. Elle se concrétise au quotidien par une implication de chacun, des pratiques de métier, la mise en œuvre de ces principes et le respect de valeurs essentielles : en d’autres termes, développer dans l’entreprise une culture de prévention. Elle implique des acteurs qui travaillent ensemble dans un objectif commun, afin d’assurer l’intégrité physique et mentale de tous les salariés et de créer les conditions de leur “bien-être” physique, mental et social. La prévention repose par ailleurs sur des articles fondamentaux du code du travail qui chacun peut retrouver sur le site web de Legifrance. Il s’agit des articles de la 4ème partie du code intitulée : Santé et sécurité au travail dans le chapitre 1er des dispositions générales pour les obligations de l’employeur (art. L 4121-1 et suivants) et dans le chapitre 2 pour les obligations des salariés (art 4122-1 et suivants). Concernant les TMS (troubles musculo squelettiques) ces affections multiples et complexes, bien connues des kinésithérapeutes, leur prévention des TMS ne peut être réalisée que dans le cadre d’un projet impliquant les différents acteurs de l’entreprise (dirigeant, médecin du travail, infirmière du travail, responsable qualité, membres du CHSCT, délégués du personnel, salariés…). Les institutions de prévention recommandent d’associer une ou plusieurs personnes compétentes en ergonomie au groupe de travail constitué. L’entreprise peut aussi s’appuyer sur l’expérience de partenaires extérieurs (réseau des CRAM et Aract, services de santé au travail, consultants privés spécialisés en ergonomie…). Ces recommandations montrent que la prévention doit exclusivement s’attacher à modifier les situations de travail à risques. Alors quand nos confrères développent des formations centrées sur le salarié en souhaitant améliorer ces gestes et positions de travail par un travail physique certes utile et important, c’est de la prévention individuelle mais en aucun cas de la prévention collective. Toute prévention individuelle n’est-elle pas de l’éducation pour la santé ? C’est une éducation indispensable dans bien des cas mais qui ne résoudra en rien les problèmes de santé liés aux conditions de travail difficile d’un atelier. Les kinésithérapeutes peuvent devenir des “préventeurs ou préventologues” performants s’ils acquièrent les méthodes et outils nécessaires aux modifications de situations et de postes de travail. S’ils font la démarche d’acquérir les connaissances nécessaires en ergonomie. Si leurs actions en entreprise contentent de prodiguer des conseils et de chercher à modifier les comportements des salariés face à leur poste de travail, ils restent dans une éducation pour la santé qui ne fera pas reculer les maladies professionnelles mais peut participer au “mieux-être” des salariés. Les formations qu’ils développent entrent dans le champs du développement personnel et non plus dans celui de la prévention. S’il n’y a pas encore d’études suffisamment importantes pour montrer les limites de ces formations aux comportements gestuels et posturaux, les entreprises qui se sont lancées dans ces formations reconnaissent leurs limites dans le temps s’il n’a pas été engagé une démarche globale préalable participative et itérative. La question de l’itération est fondamentale, sa prise en compte par tous les acteurs de l’entreprise permet d’assurer que la question de la santé, que l’on se doit de préserver chaque jour, est bien prise en compte. Le congrès du CNPK a été une réussite professionnelle, les kinésithérapeutes impliqués dans la prévention ont montré leur savoir faire. Le chemin est encore long pour montrer l’efficacité de toutes les actions engagées, j’espère que des liens et des partages de compétences vont enfin s’établir pour que la profession soit demain un acteur reconnu dans le vaste domaine de la prévention individuelle et collective. ** |
Ce dossier est issu de l'édition :
FMT Mag 96sept/oct/nov 2010 Quelle actualité !!!! Je ne parle pas des votes importants pour notre profession et des rendez-vous incontournables pour défendre l’exercice libéral. Je ne parle pas non plus des kinés dans la rue que dis-je à pied sur le périph et sans gilet fluo… la profession serait-elle en danger ? Pardonne moi cher lecteur, sans nier l’importance de ces Actions pour la défense de nos droits, je fais allusion à ce qui devrait encore plus remuer notre profession tel que : la communication sur nos compétences, le développement de nos connaissances, le partage et la diversification de nos savoir-faire pour que 1946-20… ne soit pas inscrit demain en épitaphe sur le cercueil de la kinésithérapie. À cet effet, ces derniers mois, de nombreux événements ont émaillé les coulisses de notre profession. La SFP, la société française de physiothérapie, a tenu sa journée d’échanges et d’ouverture au grand public physiothérapique. Des états généraux de la kinésithérapie se sont aussi déroulés où nos gouvernances ont regardé loin devant l’avenir de la profession. Le 10e congrès du CNPK a fait progresser la prévention sous le soleil breton ; vous pourrez lire un aperçu de l’ambiance et du contenu. Pourtant, ces événements ont recueilli qu’un modeste public aficionados. Au regard des 60 000 kinésithérapeutes qui font l’essentiel de notre communauté il y aurait environ entre 0,05% et 0,16% professionnels à participer à ces manifestations importantes. Ne serait-ce pas le moment de remuer nos neurones, de lutter contre le “qu’est ce qu’on peut faire“, de se mobiliser autour de ceux qui y croient et essayent de faire avancer notre profession… Faut-il les laisser agir seuls ? Ils pourraient se tromper en réfléchissant seuls et aller à l’encontre des attentes du plus grand nombre. Personne ne peut plus dire qu’il n’était pas informé, la communication circule encore faut-il la regarder, l’entendre, la prendre en compte. Ouvre ce FMT Mag et tu sauras “tout” sur les trois mois à venir. Ouvre ton agenda et viens passer un week-end studieux et curieux et ludique les 8.9.10 octobre prochains. La possibilité de rencontrer les principaux acteurs de la kinésithérapie, de comprendre les évolutions de notre métier qui a encore de longues années de lui. Jean-Pierre Zana |
