Peut-on exercer des responsabilités administratives et demeurer connecté avec son métier ?

Lundi 8 Novembre 2010

Kinésithérapie
 

Présentation :

Ils sont responsables fédéraux ou syndicaux, enseignants… Ils gèrent, défendent ou organisent la profession, ont-ils encore le temps ou le goût pour pratiquer leur métier ?


La réponse avec 3 présidents


Ils sont un peu les superman de la kiné. Les champions de l’organisation, les rois de l’emploi du temps, les jongleurs de…


On pourrait poursuivre longtemps la liste des superlatifs pour tous ces hommes qui cumulent, souvent aux dépends de leur vie privée, un métier qu’ils aiment avec des responsabilités dites collectives. Pour comprendre l’engagement d’un kinésithérapeute depuis ses débuts jusqu’à la prise de responsabilités, nous avons demandé à trois présidents de revenir sur leurs parcours respectifs et surtout de nous détailler leurs emplois du temps. Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ils restent tous en contact avec la base de leur métier. Mieux, ils considèrent cela comme un élément essentiel de leur mission de représentation.


Alain Bergeau

Alain Bergeau


Président de la FFMKR (Fédération Française des Masseurs Kinésithérapeutes Rééducateurs) et de L’UNPS (Union Nationale des Professions de Santé).


“On ne peut parler bien, que de ce que l’on connait vraiment !”


Pas de doute sur les intentions et les convictions du double président (FFMKR et UNPS). Alain Bergeau précise : “ Les présidents de la FFMKR ont toujours été des présidents en exercice et surtout pas des permanents syndicaux.”


Il s’inscrit donc dans cette tradition de terrain. Une tradition autant qu’une passion : “J’ai la chance d’exercer un métier que j’aime et m’en éloigner pour des tâches purement administratives ne me conviendrait pas. La base de ce métier me manquerait.

Sans compter qu’il est capital de demeurer proche du terrain pour comprendre les attentes de chacun. Des patients comme des praticiens. Il ne faudrait que des circulaires pondues du haut tombent sur la tête des kinésithérapeutes. La Fédération est particulièrement attentive à toutes les évolutions, comme par exemple celle concernant la mise en place d’accords préalables.”


C’est notamment grâce à son organisation en cabinet qu’Alain Bergeau peut jongler avec ses différentes casquettes :


“J’exerce en Vendée et je n’ai aucun problème de suivi de mes patients. Je passe, entre une et deux journées et demie par semaine au cabinet. Et heureusement, nous sommes quatre, sinon cela serait impossible. Un kinésithérapeute isolé ne pourrait pas cumuler plusieurs fonctions et rester au contact du terrain. Chez nous, en Vendée, nous devons être à même de répondre à tous types de problèmes tous les jours et le fait d’avoir différents types de métiers nous y aide. Au cabinet nous comptons un orthophoniste et un pédicure. Avec les autres kinés, nous sommes complémentaires et surtout, nous pouvons nous remplacer les uns les autres… Car, le fait est, qu’avec ces deux casquettes (mes deux bébés que sont la FFMFR et l’UNPS), cela fait des journées bien occupées !” Alain Bergeau est entré comme syndicaliste en 1979, par le biais de la formation continue et depuis, il n’a jamais plus lâché les responsabilités. Président de l’UNPS depuis 2008, il est également Président de la FFMR depuis 2005, en ayant gravi tous les échelons :

Président départemental, puis au comité national en 1997 ; secrétaire général en 1999 (en charge de la formation continue), puis 1er secrétaire général et enfin Président…



Le parcours d’Alain Bergeau


Né en 1953 aux Sables d’Olonne en Vendée. Issu d’une famille de commerçants, il est marié et père de 3 enfants.
Titulaire d’un bac D, Alain Bergeau s’est orienté vers la kinésithérapie. Il obtient son Diplôme d’État de masseur kinésithérapeute en 1977, à l’IFMK Nantes. Depuis 1977, Alain Bergeau est installé en cabinet de groupe pluridisciplinaire à Aizenay (85190), en Vendée.


Très tôt, il s’est engagé dans le syndicalisme et a adhéré, en 1979, à la FFMKR. Il est devenu Président du syndicat de la Vendée de 1992 et a exercé cette fonction jusqu’en 1999. Par ailleurs, il est devenu Conseiller Fédéral en 1997 puis Secrétaire Général à la Formation Continue de 1999 à 2001.


En 2001, Alain Bergeau est devenu Premier Secrétaire Général de la FFMKR au Congrès des Sables d’Olonne. Elu président de la FFMKR au Congrès de la Martinique en 2005, il a été réélu en 2009 au congrès d’Angers. Alain Bergeau a été élu, le 18 décembre 2008, président de l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS).


Il est également vice-président du Centre national des professions libérales de santé (CNPS). Très attaché à l’exercice libéral de la profession de masseur-kinésithérapeute rééducateurs, Alain Bergeau a pour objectif principal de moderniser la Fédération et de l’adapter aux évolutions de la profession en développant notamment, le rôle prospectif des syndicats.



Franck Lagniaux

Franck Lagniaux


Président de la SFMKS (Société Française des Masseurs Kinésithérapeutes du Sport).


Je continue à voir mes patients et je l’ai toujours fait. Et je ne me limite pas à faire du soin pour du soin. Le contact est important, le suivi également. Je travaille en cabinet avec des patients “traditionnels” ou avec des sportifs de haut niveau. Il s’agit évidemment d’une question d’organisation, mais il est évident que je ne pourrais pas y arriver si je travaillais seul. Heureusement nous sommes quatre au cabinet et nous effectuons un véritable travail collégial, c’est impératif pour le suivi des patients. Quand je pars une semaine m’occuper de sportifs lors d’un stage, je sais que mes patients ne sont pas laissés à l’abandon… La répartition de mon temps me permet d’être présent au cabinet environ 3,5 jours par semaine (sur l’année). Je consacre environ 75 jours par an aux équipes nationales.


J’assure des cours durant 30 jours par an. Concernant mes responsabilités associatives, cela me prend environ une demie journée par semaine, que je prends sur mon temps libre.



18 ans de responsabilités collectives


2007-2009 : Membre de la chambre disciplinaire de 1ère instance au Conseil Régional de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes de la région Ile de France – Réunion.
2008 : Facilitateur Ile de France – La Réunion (En charge de la mise en place des EPP).
2006-2008 : Suppléant au Conseil National de l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes.
2006-2008 : Membre du Conseil d’Administration de l’Association des Réseaux Bronchiolites (ARB).
2006 : Trésorier du Conseil Département de l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes de la Seine-Saint-Denis (93).
2003-2005 : Siège à la commission des masseurs-kinésithérapeutes au sein du Comité national de Prévention et de Lutte contre le Dopage (CPLD) sous la responsabilité du ministère jeunesse et sport.
2003 : Président de la Société Française des Masseurs-Kinésithérapeutes du Sport (SFMKS).
2002 : Directeur d’enseignement en kinésithérapie du sport.
2001 : Siège à la commission médicale de la ligue Paris Île-de-France Est de hand-ball (PIFE).

2001 : Kinésithérapeute auprès du pôle Espoir Handball Masculin d’Eaubonne (95).
1999 : Membre de la commission scientifique de la Société Française des Masseurs-Kinésithérapeutes du Sport (SFMKS).
1997-1999 : Création d’un comité de prévention en kinésithérapie (CDPK 93).
1995-1999 : Membre de la Commission Socio-Professionnelle Départementale de la Seine-Saint-Denis (CPLD).
1994-2000 : Secrétaire général du syndicat départemental des masseurs-kinésithérapeutes de la Seine-Saint-Denis (SMKR 93), Fédération Française des Masseurs-Kinésithérapeutes Rééducateurs (FFMKR).
1993 : Kinésithérapeute des Equipes de France de hand-ball (plus particulièrement France A Féminines).
1992-2000 : Membre du conseil d’administration du syndicat départemental des masseurs-kinésithérapeutes de la Seine-Saint-Denis (SMKR 93), Fédération Française des Masseurs-Kinésithérapeutes Rééducateurs (FFMKR).



Le cursus de Franck Lagniaux


Formations diplômantes


2007 : Doctorant en Sciences de l’Education
2006 : Master 2 Recherche en Sciences de l’Education, Mention Très Bien, Université de Provence, Aix-Marseille (13000)
2005 : Master 2 en Sciences de l’Education, Option Ingénierie des systèmes de formations, Mention Bien ; Université de Corse ; Corte (20250)
2000 : Attestation universitaire de kinésithérapie du sport ; Université Paris 13, Bobigny (93)
2000 : Diplôme universitaire sport et santé ; Université Paris 13 ; Bobigny (93)
1995 : Brevet fédéral 2e degré entraîneur hand-ball ; Fédération française de hand-ball (FFHB) ; Paris
1992 : Diplôme d’Etat de masseur-kinésithérapeute ; Limoges (87)
1989 : Diplôme de technicien informatique en électrophysiologie ; ETEM ; Paris
1985 : Baccalauréat série D ; lycée Jacques Feyder ; Epinay sur Seine (93)

Formations non diplômantes.


2001-2002 : Cinésithérapie analytique articulaire ; Association pour la Recherche et l’Amélioration du Capital Santé (A.R.A.C.S) ; Paris
1999-2000 : Sophrologie ; Chantilly (60)
1999 : Les chaînes musculaires ; EFOM ; Paris.
1998 : Le genou ; Institut nationale de la kinésithérapie ; Paris
1994-1996 : Thérapie manuelle ; Maison de la thérapie manuelle (MTM) ; Cergy-Pontoise (95)

René Couratier

René Couratier


Président du Conseil de l’Ordre des Masseurs- Kinésithérapeutes


« Je ne pratique plus en cabinet depuis 2005 pour des raisons de santé, cependant, je n’ai pas cessé mon activité dans le domaine de la masso-kinésithérapie. Outre le fait de mon activité dans le domaine de la formation des masseurs-kinésithérapeutes, j’ai une activité de direction de l’enseignement au sein de l’Institut d’Enseignement et Prévention Santé et du Pole de Physiologie de l’hôpital de Draguignan, en collaboration avec mon confrère Gilbert LAIR…
En règle générale, je suis présent à Paris deux jours par semaine, le reste du temps est consacré à mes activités professionnelles personnelles, même si, évidemment je reste en contact permanent avec le siège du Conseil National.

L’organisation et la cohabitation des différentes activités sont souvent difficiles à gérer, mais, les pratiquant depuis de nombreuses années, je pense les mener correctement, même si mon activité professionnelle personnelle passe bien souvent au second plan. Je cumule ces activités depuis de nombreuses années, ce qui me donne une certaine expérience de cet exercice. En fait, depuis 1977, date où j’ai commencé à avoir des responsabilités syndicales…


Rester proche du terrain est un impératif pour moi, je multiplie les contacts lors de déplacements et je reste très accessible par mail et par téléphone. Cette proximité est, je pense, ressentie par tous mes confrères. »



Le parcours de René Couratier


« Au niveau formation, DE en 1971 à Marseille, de nombreuses formations complémentaires tout au long de ma vie professionnelle, dont l’ostéopathie et un master en sciences de l’éducation. Au niveau syndical, je suis passé par tous les échelons classiques, président local, vice-président national, puis président national. Lors de mon élection au Conseil National de l’Ordre, j’ai démissionné de tous mes mandats syndicaux parce qu’il me semblait qu’il y avait incompatibilité des missions, à ce niveau de responsabilité. »

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Alain Bergeau, Franck Lagniaux, René Couratier

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