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Présentation :En photo : Florence Dotigny, technicienne au laboratoire de neuropharmacologie de l’École d’optométrie et Jean-François Bouchard. Les résultats d’une équipe de chercheurs de l’Université de Montréal qui travaille sur la régénération des circuits visuels, sont prometteurs et donnent la direction vers un traitement de la cécité. Janvier 2011 – Et si notre œil pouvait se reconstituer par lui-même à partir de cellules souches ? Ça n’est pas une utopie, mais l’objectif très réaliste d’un jeune chercheur de l’École d’optométrie de l’Université de Montréal qui n’a pas froid aux yeux. « Nous ne sommes pas à la veille d’injecter des molécules dans l’œil des bébés prématurés ou des personnes âgées souffrant personnes âgées souffrant de déficience visuelle mais, si je n’y croyais pas, je ne poursuivrais pas cette piste », dit Jean-François Bouchard, professeur agrégé à l’École d’optométrie et professeur accrédité à la Faculté de pharmacie. Un pas vers un traitement Le fondateur du Laboratoire de neuropharmacologie a obtenu des résultats tangibles avec des modèles animaux. « Chez le rongeur, nous avons la chance de disposer d’un animal qui connait une naissance prématurée : le hamster. On a noté que l’ajout d’agents pharmacologiques dans l’œil accélérait significativement la croissance des axones provenant de la rétine. C’est un résultat très encouragean », indique-t-il. Avec son équipe formée de six étudiants-chercheurs (dont deux au doctorat) et d’un assistant de recherche, il étudie plusieurs hypothèses qui, combinées, pourraient mener à une percée majeure dans ce champ en plein essor. On expérimente en laboratoire, in vitro et in vivo, des molécules ciblant des récepteurs neuronaux capables de réguler la croissance de cellules. Trois axes sont privilégiés : le développement de la rétine, le guidage axonal (basé sur l’observation des circuits formés au cours de la croissance du réseau des cellules nerveuses visuelles) et la synaptogénèse (connexion des cellules entre elles). Sur le plan fondamental, une meilleure connaissance des molécules endogènes favorisant la croissance de certaines cellules du système nerveux visuel pourrait ouvrir la voie à un médicament injectable. « Actuellement, il n’existe aucun traitement pharmacologique à la cécité et l’étude des mécanismes concernés dans l’établissement ou la régénération des circuits visuels constitue donc une voie remplie de promesses », mentionne le chercheur. En rêvant un peu, on comprend que, si un médicament parvenait à stimuler la régénération de la rétine, certains aveugles retrouveraient la vue, au moins en partie. « Des techniques grâce auxquelles des non-voyants peuvent se situer dans l’espace à l’aide de caméras sont intéressantes, mais il serait beaucoup mieux de recréer le système neurovisuel lui-même », remarque-t-il. Immense marché Déjà, des brevets ont été déposés. Le marché est immense, puisque la cécité touche quelque 44 millions de personnes dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé. L’Institut national canadien pour les aveugles estime le coût annuel de ce handicap à au moins deux milliards de dollars au pays. « On sait que le nombre de bébés de faible poids est en hausse constante, ajoute le chercheur. Plus du quart des grands prématurés souffrent de déficiences visuelles, dont la cécité. » À l’autre bout du spectre, chez les ainés, les travaux du professeur Bouchard sont aussi très attendus. En admettant qu’on puisse un jour reconstituer la rétine « biologiquement », les personnes atteintes de glaucome et de dégénérescence maculaire pourraient grandement bénéficier de ce progrès. Et ce serait pour quand ? Le chercheur n’ose pas s’avancer, laissant entendre que la concrétisation des hypothèses scientifiques peut parfois prendre des années ou encore faire des sauts inattendus. « Dans 15 ans, peut-être; dans 50 ans sûrement », lance-t-il. À propos de Jean-François Bouchard Diplômé de l’UdeM en pharmacie en 1994, puis en pharmacodynamie-biochimique (2000), Jean-François Bouchard a poursuivi des recherches postdoctorales à l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal. Il a publié dans des revues de haut calibre dont le Journal of Neuroscience, le British Journal of Pharmacology, le Journal of Comparative Neurology, le Journal of Neurochemistry et Circulation Research. C’est au cours de ses études doctorales qu’il a eu l’idée d’utiliser des cellules souches pour permettre l’autorégénération de la rétine. «Je me suis dit que ce qui fonctionnait dans le système nerveux avec la moelle épinière devrait fonctionner dans l’œil avec le système visuel. La nature a tendance à répliquer ses bonnes idées», explique-t-il. Depuis son installation à l’École d’optométrie en 2004, Jean-François Bouchard fait de l’enseignement – il est chargé du volet thérapeutique du cours Pharmacologie oculaire thérapeutique – et de la recherche. Il est financé entre autres par les Instituts de recherche en santé du Canada, le Fonds de recherche sur la nature et les technologies du Québec et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada. ** |
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