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Actualités Santé |
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21 JUIN 2008 - JOURNÉE MONDIALE CONTRE LA SLA
À la veille de la Journée Mondiale de la SLA Sclérose Latérale Amyotrophique), le 21 juin, journée initiée par l'Alliance Internationale des Associations de lutte contre cette maladie, les professionnels de santé et l’association nationale de patients ARS (Association pour la Recherche sur la Sclérose latérale amyotrophique) se mobilisent…
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À VOS PLUMES ! L’ASSOCIATION ASTHME & ALLERGIES LANCE UN CONCOURS D’ÉCRITURE POUR PARTAGER VOS HISTOIRES ET VOTRE VÉCU AUTOUR DE L’ASTHME.
Vous êtes inspirés ? Rendez-vous à partir du 7 juin sur www.asthme-allergies.org
Vivre avec l’asthme, ce n’est pas uniquement une affaire de prise en charge, c’est aussi un quotidien pas toujours comme les autres. L’association Asthme & Allergies invite les internautes à raconter et partager leur vécu, évènements, anecdotes et situations difficiles, mais aussi étonnantes, voire exceptionnelles ou drôles avec, en toile de fond… l’asthme, le sien, celui d’un proche, d’un parent, d’un(e) conjoint(e) ou enfant.
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L'AFSSAPS RELANCE SA CAMPAGNE DE MISE EN GARDE DES CONSOMMATEURS VIS-À-VIS DES TATOUAGES TEMPORAIRES NOIRS À BASE DE HENNÉ
À l'approche de l'été, l'Afssaps relance sa campagne de mise en garde des consommateurs vis-à-vis des tatouages temporaires noirs à base de henné, à l'origine de cas d'allergies cutanées potentiellement graves. Ces cas d'eczéma de contact surviennent dans un délai de quelques jours à quelques semaines après la réalisation de tatouages éphémères pratiqués avec du henné contenant notamment de la paraphénylènediamine (PPD). Ils peuvent être limités à la zone tatouée ou s'étendre au delà.
Compte tenu des cas d'eczéma allergique signalés, des difficultés de contrôle du circuit de distribution des produits et des lieux de réalisation des tatouages, l'Afssaps déconseille la réalisation de tatouages noirs temporaires au henné.
L'Afssaps va s'adresser aux professionnels de santé, afin qu'ils informent leurs patients sur les risques liés à ces tatouages. Par ailleurs, une nouvelle affichette illustrant les risques inhérents à la réalisation de ce type de tatouages va être diffusée pour informer le public.
MALADIE D’ALZHEIMER : SI LA SOLUTION ÉTAIT DANS L’ALIMENTATION ?
On nous le ressasse à coup de publicité et de communiqués : mangez 5 fruits et légumes par jour, osez les poissons gras deux fois par semaine, les acides gras sont essentiels à la santé… Mais on ne dit pas assez que ces recommandations pourraient bien également jouer un rôle important dans la prévention de la maladie
d’Alzheimer (MA).
L’équipe Neurodégénérescence et Métabolisme Lipidique (NML) de Thierry Pillot fait référence depuis 2005 sur le sujet au niveau national : la consommation d’acides gras Oméga 3 DHA pourrait prévenir le développement de la maladie.
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UN FORUM SUR LA LONGÉVITÉ ET LA QUALITÉ DE VIE POUR DÉCOUVRIR LES DERNIÈRES AVANCÉES POUR « VIEILLIR JEUNE »
Vivre mieux, plus longtemps. C’est possible ! Quatorze éminents spécialistes internationaux réunis pour le Vème Forum scientifique sur les avancées scientifiques de l’Unesco, le mardi 16 septembre 2008 de 15h à 18h30, vont présenter les dernières avancées scientifiques dans ce domaine.
Cette demi-journée ouverte au public sur simple inscription, sera consacrée à définir les moyens à notre disposition pour ralentir certains processus du vieillissement, pour arrêter, dès son apparition, l’évolution d’une maladie liée à l’âge, ou éviter les accidents de parcours, fréquents après 50 ans et responsables de séquelles qui perturbent gravement la qualité de cette seconde «mi-temps».
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UN « AGENT DOUBLE » EFFICACE CONTRE LE CANCER
Des équipes conduites par Ara Hovanessian, Jean-Paul Briand et José Courty1, trois directeurs de recherche du CNRS, ont démontré pour la première fois l’efficacité d’une molécule, dénommée HB-19 dans le traitement du cancer. Cette molécule cible spécifiquement la nucléoline de surface, une protéine nécessaire à la croissance des cellules tumorales mais également à l’angiogénèse, c’est à dire la formation des nouveaux vaisseaux sanguins indispensables à l’apport d’oxygène et denutriments aux cellules cancéreuses. Ces résultats prometteurs, protégés par un brevet CNRS, sont publiés le 18 juin 2008 dans la revue PLoS ONE et ouvrent de nouvelles perspectives à une thérapie anticancéreuse efficace et sans toxicité.
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MIMIVIRUS INFECTE DE LA MÊME MANIÈRE LES CELLULES DU SYSTÈME IMMUNITAIRE ET LES AMIBES
Un nouveau mécanisme d’infection des cellules du système immunitaire par un virus vient d’être mis en évidence par des scientifiques de l’Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes dirigé par Didier Raoult (CNRS, IRD, Université de la Méditerranée) en collaboration avec des chercheurs hollandais et allemands. Ces travaux sont publiés dans la revue PLoS Pathogens en ligne le 16 juin 2008.
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LA MAISON BLEUE DE L’EQUILIBRE : le premier centre de rééducation de l’équilibre en libre service
Une idée qui tient debout … Le premier cabinet spécialisé en Libre Service.
Après les vélos en libre-service dans les grandes agglomérations, les voitures électriques à disposition des habitants d’Antibes, les cybercafés ouverts 24h/24, les vidéos à la demande, la société Physintech, concepteur de matériel médical, apporte une véritable innovation en proposant en libre service un cabinet équipé d’appareils de rééducation pour les troubles de l’équilibre et les vertiges.
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CONFLITS DANS LES ESPACES RURAUX ET PERIURBAINS
Les espaces ruraux et périurbains français sont l’objet de conflits nombreux, de plus en plus portés devant les tribunaux. Des chercheurs de l’INRA les décryptent. Premier enseignement, les conflits provoqués par une activité agricole restent peu nombreux. En revanche, nombre de conflits sont directement liés à l’usage des terres agricoles. Autre constat, près de 70 % des conflits sont en fait « anticipés » et visent avant tout à empêcher la construction d’une infrastructure ou l’installation d’une activité nouvelle.
Les sciences humaines et sociales s’intéressent de longue date aux conflits, géopolitiques, sociaux ou interindividuels. Pourtant, peu de travaux portent sur les conflits du monde agricole et sur les espaces ruraux. André Torre, économiste de l’INRA, a initié il y a quatre ans des recherches pluridisciplinaires pour comprendre leur rôle dans la gouvernance des territoires locaux et mieux les gérer.
Partant de deux grandes inconnues « Quels sont réellement ces conflits ? » et « Faut-il tous les résoudre ? », les chercheurs de l’INRA ont dû avant tout mettre en place un programme permanent de constitution d’une base de données, car les données nationales manquent. Les chercheurs travaillent essentiellement à partir de trois sources : les décisions de justice rendues par les cours de justice (Base Lamyline) ; les conflits relatés par la presse quotidienne régionale et les « enquêtes à dire d’experts », des entretiens menés auprès de représentants de l’Etat, d’élus et de gestionnaires locaux, etc.
Les conflits provoqués par une activité agricole sont peu nombreux
Premier enseignement, après étude de dix zones représentatives de la diversité des paysages ruraux et périurbains français : les conflits provoqués par une activité agricole, comme les nuisances sonores d’un élevage ou la pollution des eaux, restent peu nombreux, bien que souvent médiatisés. En revanche, nombre de conflits sont directement liés à l’usage des terres agricoles.
L’estuaire de la Seine compte ainsi de multiples conflits concernant l’extension du port de Rouen, décidée par l’Etat, mais très peu sur les questions de pollution agricole par exemple. Les conflits portent en effet majoritairement sur les changements de « zonage » de ces territoires, déjà découpés en zones protégées : zone d’intérêt économique, zone d’habitat protégé d’oiseaux, zones Natura 2000, etc., sur la pression industrielle et la gestion des ressources naturelles, ainsi que sur les aménagements routiers et d’infrastructures à conduire.
D’une façon générale, parmi les neuf principaux usages des espaces ruraux et périurbains, dont les activités agricoles, répertoriés par les chercheurs, trois sont aujourd’hui principalement objets de conflits et de contestations : les usages industriels, résidentiels et de protection de la nature.
Cette première cartographie des conflits, saisis à la lumière des différents usages de l’espace, a cependant conduit les chercheurs à préférer une autre grille d’analyse, celle des différents usagers, parties prenantes du conflit. Cette vision leur permet d’éviter un amalgame entre des types d’attitude et des catégories socioprofessionnelles.
La majorité des conflits sont « anticipés »
Autre constat, près de 70 % des conflits sont en fait « anticipés ». Ils ne sont pas l’aboutissement de difficiles négociations, mais visent avant tout à empêcher la construction d’éoliennes, de résidences, d’infrastructures industrielles ou encore de décharges, comme le montre une étude en cours en Ile de France, région où les activités agricoles dominent en surface. Ces conflits surgissent généralement lors des procédures légales de « déclaration d’utilité » ou d’« enquête » publique, avant aménagement d’un territoire.
Les chercheurs expliquent que le conflit ne représente pas un échec, mais une modalité de coordination et d’échange parmi d’autres. Témoin d’une résistance au changement et facteur d’expression des désaccords, il peut ne pas trouver d’issue à proprement parler mais constituer néanmoins la matrice des arrangements et des projets futurs.
Références :
Conflits et tensions autour des usages de l’espace dans les territoires ruraux et périurbains. Le cas de six zones géographiques françaises, Revue d’économie régionale et urbaine, 2006, n°3, pp. 411-450
Kirat Th., Torre A. (eds), 2006 et 2007, Conflits d’usages et dynamiques spatiales les antagonismes dans l’occupation des espaces périurbains et ruraux (I et II), Géographie, Economie, Société, Vol. 8, n°3 et Vol. 9, n°2.
MALADIE DE CREUTZFELDT-JAKOB : VERS UNE MEILLEURE CONNAISSANCE DE LA DIVERSITE DES AGENTS INFECTIEUX
Des chercheurs de l'INRA, de l'INSERM, du CEA et du National Creutzfeldt-Jakob Disease Surveillance Unit (Royaume-Uni) ont réussi à identifier chez des patients atteints de la forme sporadique de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, 4 sous-groupes d'agents biochimiquement différentiables, en lien avec les différents types clinico-pathologiques décrits dans cette forme humaine de maladie à prion. Ces mêmes 4 sous-groupes ont été identifiés chez des patients contaminés par transmission inter-humaine, suggérant qu'ils pourraient être associés à des souches de prion distinctes. Le détail de ces travaux est publié dans le numéro de PLOS Pathogens du 14 mars 2008.
Les encéphalopathies spongiformes transmissibles ou maladies à prions sont des maladies neurodégénératives touchant un large spectre d’espèces de mammifères. Ces maladies se manifestent après une période d'incubation généralement longue (plusieurs dizaines d'années chez l’homme) et sont toujours d’issue fatale. Au cœur du processus pathologique, se trouve une protéine baptisée protéine prion. La protéine prion normale, PrPc, est exprimée à l'état naturel par de très nombreux types cellulaires. Chez les individus atteints, cette proteine s’accumule dans les tissus sous une forme anormale dénommée PrPSc, qui. La protéine PrPSc est actuellement considérée comme l'agent infectieux à l'origine des maladies à prions.
Chez l'homme, la forme la plus fréquente d’encéphalopathie spongiforme transmissible (environ 1 cas par million d’individus et par an) est la forme sporadique de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. En l’absence d'origine identifiée, les cas sont considérés comme d’origine spontanée. Une transmission inter-humaine de maladie de Creutzfeldt-Jakob, appelée iatrogène, consécutive par exemple à l’administration d'hormone de croissance extractive ou à la greffe de tissus provenant de patients en incubation de la maladie, a été rapportée dans de nombreux pays.
Chez les cas sporadiques de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, plusieurs formes cliniques ont été décrites. Jusqu’à présent, l’étude de la protéine prion anormale (PrPsc) retrouvée chez les patients permettait de reconnaître deux variants, les Type 1 et Type 2, dont la détection ne semblait pas corrélable de façon constante à la diversité clinique de la maladie.
Vers une classification plus fine des différents types de prions
Afin de mieux caractériser les relations pouvant exister entre les différents types cliniques de cas sporadiques et la diversité des formes de PrPSc, les chercheurs ont étudié une cohorte de 41 cas sporadiques de Creutzfeldt-Jakob.
Grâce à de nouvelles méthodes d’investigation préalablement mises au point sur des souches de prions animales par les chercheurs de l'INRA et du CEA, l'analyse des échantillons issus de ces patients a permis d’identifier les Type 1 et Type 2 déjà décrits, mais également de révéler l’existence de 2 autres sous-groupes qui semblent correspondre aux différentes formes cliniques de la maladie.
Les 4 signatures biochimiques ont également été identifiées chez une cohorte de 12 patients atteints de formes iatrogènes de la maladie. Différents types de PrPSc ont pu être identifiés chez des patients français contaminés suite à l’administration d’hormone de croissance extractive. Cette observation pourrait indiquer l’existence d’une contamination des lots d’hormone de croissance extractive d'origine distincte, c'est-à-dire par des hypophyses issues de plusieurs individus atteints de Creutzfeldt-Jakob sporadique.
Ces résultats ouvrent la voie à une meilleure connaissance de la diversité des agents infectieux à l'origine de la maladie.
L'équipe de chercheurs mène actuellement des études complémentaires sur des modèles de souris afin de confirmer que chacune des signatures biochimiques identifiées correspond à des agents biologiquement distincts.
Sources :
Beyond PrPres Type 1/Type 2 Dichotomy in Creutzfeldt-Jakob Disease
PLOS Pathogens, volume 4, n°2, 14 mars 2008
Emmanuelle Uro-Coste1, Hervé Cassard2, Stéphanie Simon3, Séverine Lugan2, Jean-Marc Bilheude4, Armand Perret-Liaudet5, James W. Ironside6, Stéphane Haik7,8, Christelle Basset-Leobon1, Caroline Lacroux2, Katell Peoch’9, Nathalie Streichenberger5, Jan Langeveld10, Mark W. Head6, Jacques Grassi3, Jean-Jacques Hauw8, Francois Schelcher2, Marie Bernadette Delisle1, Olivier Andréoletti2
1 INSERM U858, Institut de Médecine Moléculaire de Rangueil and Service d’Anatomie Pathologique et Histologie-Cytologie, C.H.U. Rangueil, Toulouse,
2 UMR INRA/Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse (ENVT) 1225, Interactions Hôtes Agents Pathogènes, ENVT, Toulouse,
3 Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), Service de Pharmacologie et d’Immunologie, DRM, CEA/Saclay, Gif sur Yvette,
4 Bio-Rad, Research and Development Department, Marnes-la-Coquette, France, 5 Hôpital Neurologique, Services de Neurochimie et de Pathologie, Bron,
6 National Creutzfeldt-Jakob Disease Surveillance Unit, Division of Pathology, University of Edinburgh, Western General Hospital, Edinburgh, Royaume-Uni,
7 INSERM, Equipe Avenir, Maladies à Prions chez l’Homme, Paris,
8 Neuropathology Laboratory, Salpêtrière Hospital, AP-HP, Paris,
9 Service de Biochimie et Biologie Moléculaire, Hôpital Lariboisière, Paris (Laboratoire associé au CNR ‘‘ATNC’’) et EA 3621 Faculté de Pharmacie, Paris,
10 Central Institute for Animal Disease Control CIDC-Lelystad, Lelystad, Pays-Bas.
UNE PREMIÈRE CONCERNANT L’OLFACTION DES INSECTES : LES NEURONES RÉAGISSENT MIEUX AUX STIMULIS LES PLUS FRÉQUENTS
Des chercheurs de l’INRA et de l’Académie des Sciences de la République Tchèque ont étudié la communication chimique des papillons, dont les mâles localisent les femelles grâce aux phéromones qu’elles libèrent. Ils ont ainsi déterminé les caractéristiques du panache de phéromone qui sont les mieux détectées par le système olfactif des mâles. Cette étude de la relation quantitative entre les propriétés du système sensoriel des papillons et leur environnement naturel devrait conduire non seulement à une meilleure compréhension des fonctions nerveuses et des processus d’évolution chez les insectes, mais aussi à l’amélioration de la conception de systèmes sensoriels artificiels.
Le codage efficace est un principe bien connu en neurobiologie de la vision et de l’audition, selon lequel les neurones sensoriels sont adaptés aux caractéristiques statistiques de leur stimulus naturel. En résumé, les neurones réagissent mieux aux stimuli qui les excitent le plus fréquemment. Pour tester la validité de ce principe en olfaction, les chercheurs de l’INRA de Versailles et de l’Académie des Sciences de Prague ont étudié la communication par phéromone sexuelle des papillons de nuit, dont les mâles localisent les femelles grâce aux phéromones qu’elles émettent. Ils ont déterminé les caractéristiques du panache de phéromone qui sont les mieux détectées par le système de réception des mâles. Ils ont ainsi montré pour la première fois que le système olfactif des insectes obéit lui aussi au principe de codage efficace.
© INRA / J. Barthes |
Le vol des papillons mâles vers les femelles immobiles, dont dépend l’accouplement, est guidé par la phéromone libérée par ces dernières. Les turbulences atmosphériques créent un large spectre de variations spatiotemporelles dans le signal émis par les femelles. Les plus grands tourbillons font des centaines de mètres et peuvent mettre plusieurs minutes pour passer un point fixe, alors que les plus petites variations font moins d’un millimètre et durent seulement quelques millisecondes. A cause de ce mélange hétérogène, les molécules de phéromone ne sont pas uniformément dispersées et restent groupées en grumeaux et filaments séparés par de l’air pur, si bien qu’on peut trouver une forte concentration de phéromone à grande distance de la source, seule la fréquence de ces amas denses diminue avec la distance. Le caractère intermittent de la stimulation qui en résulte est essentiel pour que l’insecte puisse localiser la femelle, source du stimulus. Les expérimentations en tunnel de vol montrent en effet que les papillons ne volent pas vers la source dans un nuage uniforme de phéromone. Les caractéristiques comme la fréquence et l’intensité de la stimulation jouent un rôle clé dans le maintien du vol dans la bonne direction. Les chercheurs ont étudié cette communication chez un papillon mâle, Antheraea polyphemus, le polyphème d’Amérique. Ils ont choisi ce papillon, car c’est le seul animal pour lequel les propriétés du stimulus naturel et du processus de réception sont connues quantitativement. Les composants des phéromones sont détectés par des récepteurs de neurones olfactifs spécifiques, localisés dans l’antenne mâle. Les chercheurs ont étudié plus particulièrement le type de neurones récepteurs qui détecte le composé majoritaire de la phéromone sexuelle. Les molécules de ce composé sont adsorbées par la cuticule, diffusent à l’intérieur de la soie olfactive jusqu’à la membrane du neurone et subissent au passage une dégradation enzymatique. La réponse cellulaire initiale est déclenchée par la liaison des molécules de phéromone aux récepteurs portés par la membrane du neurone. Une cascade d’évènements suit qui amplifient cette réponse initiale et déclenchent finalement une suite de potentiels d’action (« influx nerveux ») conduits vers le cerveau. La concentration en phéromone détermine à chaque instant la réponse des neurones olfactifs. Les chercheurs ont donc fondé leur étude sur un modèle décrivant comment chaque stimulus (concentration en phéromone de l’air) est transformé en réponse (concentration des récepteurs activés). |
Références :
“Efficient olfactory coding in the pheromone receptor neuron of a moth”
Lubomir Kostal, Petr Lansky & Jean-Pierre Rospars
PLoS Computational Biology, vol. 4, fasc. 4 (avril 2008)
L’ORIGINE DU PARFUM DE THÉ DEVOILÉE CHEZ LES ROSES
Une équipe de chercheurs de l’INRA et de l’ENS Lyon, en collaboration avec l'Université Lyon 1 et l'Université Jean Monnet (St Etienne) a étudié l'origine du parfum de thé caractéristique nombreuses variétés de roses modernes. Cette étude montre que la synthèse de ce parfum particulier est due à l'évolution d'un gène spécifique chez des roses sauvages chinoises. Ces roses chinoises, utilisées pour la création variétale au 19ème siècle, ont transmis ce gène et leur parfum à leurs descendants modernes.
Les roses modernes sont issues de l’hybridation de roses européennes avec des roses chinoises, dont l’arrivée en Europe à la fin du 18ème siècle a considérablement stimulé la création variétale. En effet, les roses chinoises se distinguaient des roses européennes par leur capacité à fleurir de manière récurrente (“remontante”) du printemps à l'automne. Par ailleurs, les roses chinoises se caractérisaient par leur parfum riche en composés phénoliques comme le diméthoxytoluène (DMT), dont la fragrance subtile rappelle celle du thé. Ce processus de création variétale a abouti, dans les années 1860, aux rosiers modernes à floraison remontante "hybrides de thé", dont le nom provient de leur parfum léger riche en DMT hérité des roses chinoises. Les hybrides de thé ont connu un succès considérable, devenant les roses de jardin les plus répandues au 20ème siècle.
L'analyse du mécanisme de formation du DMT a permis de comprendre l'origine évolutive du parfum de thé. En effet, les dernières étapes de la biosynthèse de ce composé nécessitent l'action successive de deux enzymes très similaires codées par les gènes OOMT1 et OOMT2.
Parmi les roses sauvages, seules les roses chinoises possèdent le gène OOMT1
Les chercheurs ont caractérisé les gènes OOMT chez 18 espèces de roses sauvages représentatives du genre Rosa. Leurs travaux montrent que, si toutes ces roses possèdent le gène OOMT2, seules les roses chinoises possèdent également le gène OOMT1. De plus, l'analyse phylogénétique de cette famille de gènes indique que le gène OOMT1 des roses chinoises a évolué à partir d'une duplication du gène OOMT2, en particulier grâce à une mutation ponctuelle modifiant le site actif de l'enzyme OOMT1 correspondante. Cette mutation caractéristique du gène OOMT1 donne naissance à une enzyme beaucoup plus performante qui, ajoutée à l'enzyme OOMT2, permet une synthèse efficace de DMT.
Le gène OOMT1 et le parfum de thé, à l'origine restreints à deux espèces de roses sauvages chinoises, se sont transmis au cours du processus de création des roses modernes et se rencontrent de nos jours chez des milliers de cultivars présents dans les jardins du monde entier.
Si de nombreuses roses de jardin sont parfumées, il n'en est pas de même pour les variétés récentes créées pour le marché de la fleur coupée. En effet, ces variétés sélectionnées sur des critères de productivité et de tenue en vase sont souvent dépourvues de parfum. Depuis quelques années, le parfum bénéficie d’un regain d’intérêt de la part des consommateurs et le caractère parfumé joue un rôle de plus en plus important dans le succès commercial d’une nouvelle variété. Cependant, le parfum se caractérise par une héritabilité complexe qui le rend particulièrement difficile à prendre en compte dans les schémas de sélection actuels. Ces travaux s'inscrivent dans un effort de recherche international visant à mieux comprendre les mécanismes de production du parfum chez la rose, dans le but de mieux maîtriser ce caractère complexe.
Le genre Rosa compte environ 150 espèces de roses sauvages réparties dans l'hémisphère Nord, en particulier dans les régions tempérées. Le nombre d'espèce et la taxonomie de ce genre sont sujets à débat, en raison de la grande variabilité phénotypique de certaines espèces. En France, on compte environ une trentaine d'espèces de roses sauvages, dont la plus commune est l'églantier (Rosa canina). Les milliers de variétés de roses modernes ont été obtenues par un long processus de domestication et de création variétale à partir d'une dizaine d'espèces de roses sauvages ou domestiquées d'origines européenne et moyen-orientale d'une part (Rosa gallica, R. phoenicia, ou R. moschata, par exemple), et chinoise d'autre part (R. chinensis, R. gigantea).
Références :
Scalliet G., Piola F., Douady CJ., Réty S., Raymond O., Baudino S., Bordji K., Bendahmane M., Dumas C., Cock JM. & Hugueney P. (2008) Scent evolution in Chinese roses. Proc. Natl. Acad. Sci. USA. 105, 5927-5932
Journées Nez Rouges de lutte contre les maladies orphelines. Tous solidaires !
À Paris, un grand rassemblement festif aura lieu le 14 juin au jardin du Luxembourg, sous le haut patronage de Monsieur Christian Poncelet, président du Sénat.
Partout en France, des bénévoles Nez Rouges organisent des actions.
Soutenez les Nez Rouges ! Vous pouvez envoyer vos dons à la FMO 6 rue Sainte-Lucie 75015 Paris (déduction fiscale de 66%).
En France, 4 millions de personnes sont touchées par une des 8000 maladies orphelines. Complexes, souvent graves et lourdement handicapantes, elles sont jugées non rentables par les laboratoires pharmaceutiques, font l’objet de peu de recherche, ne connaissent pas ou peu de traitement et leur diagnostic peu prendre plusieurs années. Isolés, les malades attendent que la reconnaissance de leur pathologie pour enfin pouvoir accéder aux soins et aides dont ils ont besoin.
La Fédération des Maladies Orphelines est, en France, l'association reconnue d'utilité publique en charge de la lutte contre les maladies orphelines. Tous les ans, elle organise les Nez Rouges, la campagne nationale d'information et de collecte de dons en faveur des personnes atteintes de maladies orphelines.
À QUELLE VITESSE RÉAGIT UNE CELLULE STRESSÉE ?
Soumise à un stress, telle la modification de son environnement, une cellule réagit plus ou moins rapidement pour assurer sa survie. Chez la levure, cela passe par une succession de réactions connues, mais dont la dynamique n'avait jamais été étudiée. C'est désormais chose faite grâce au chercheur CNRS Pascal Hersen1 et à ses collègues américains de l'Université de Harvard2. Après avoir mis au point un dispositif de mesures simple et innovant, les scientifiques ont confirmé l'hypothèse selon laquelle au-delà d'une certaine fréquence de stimulation, la cellule de levure ne répond plus à un stress osmotique3. Les chercheurs sont dorénavant capables de mesurer la vitesse de réaction pour ce stress, et surtout, de modifier celle-ci en supprimant certains gènes.
Ces travaux ouvrent de nouvelles perspectives en ingénierie du vivant. L'idée est de construire des cellules aux fonctions biologiques novatrices et dont la dynamique est contrôlée. Ils sont publiés en ligne sur le site de la revue PNAS.
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Cancer du foie : les avancées prometteuses d'une équipe rennaise soutenue par l'ARC
À l'occasion de la venue à Rennes, mardi 27 mai, au Centre Régional de Lutte Contre le Cancer Eugène Marquis, de Jean-Claude JOUSSET, Administrateur et Secrétaire de l’Association pour la Recherche sur le Cancer (ARC) et en présence du Professeur Patrick BOURGUET, Directeur Général du Centre, et de représentants du Conseil Général d’Ille-et-Vilaine, de Rennes Métropole et du Cancéropôle Grand Ouest, l’équipe du Professeur Etienne GARIN a présenté les avancées de ses travaux de recherche soutenus par l'ARC.
Ces travaux permettent des avancées prometteuses dans la mise au point d’une nouvelle forme de traitement par radiothérapie des cancers primitifs du foie. Ces cancers, appelés carcinomes hépatocellulaires, sont très difficiles à traiter et en augmentation, avec près de 7 000 nouveaux cas chaque année en France. Le carcinome hépatocellulaire est au niveau mondial le 5ème cancer le plus fréquent.
En 2006, l’ARC avait choisi de soutenir financièrement les travaux de l'équipe rennaise en lui allouant une subvention d’un montant de 100 000€ pour 2 ans, pour permettre l’acquisition et l’installation d’un équipement de recherche de pointe indispensable à la poursuite du projet. Cet équipement, une enceinte blindée pour la manipulation de produits radioactifs, est opérationnel depuis le mois de mars 2007. Il a permis à l’équipe du Professeur GARIN de poursuivre ses avancées pour la mise au point d’une nouvelle stratégie thérapeutique, plus efficace et moins contraignante pour les patients, pour lutter contre les cancers primitifs du foie. Un essai clinique sera lancé mi 2009 sur un panel de 12 à 24 patients pour tester l’efficacité de la technique et déterminer les meilleurs dosages.
Les recherches sur les cancers du foie, dont les carcinomes hépatocellulaires font partie, sont nombreuses en France et l’ARC a financé ces 5 dernières années 268 projets de recherche sur cette thématique pour un montant global de 9 millions d’euros.
Plusieurs laboratoires et structures de recherches sont également financés par l’ARC à Rennes pour des projets de cancérologie : en 2007 à Rennes, 11 projets ont été choisis pour être financés par l’association pour un montant global de plus de 357 000 euros. Depuis 10 ans, ce sont à Rennes plus de 150 projets qui ont été financés pour un montant de plus de 4,7 millions d’euros.
En région Bretagne, depuis 10 ans, ce sont au total 185 projets de recherche qui ont été financés par l’ARC pour un montant total de plus de 5,6 millions d’euros.
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Dernière mise à jour : 27-05-2008
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Valérie Mulot - Edith Buisson
01 45 59 59 45
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UNE NOUVELLE CIBLE POUR LUTTER CONTRE LA MALADIE DU SOMMEIL
La maladie du sommeil affecte plus de 50 000 personnes dans le monde, surtout en Afrique subsaharienne. Elle est causée par un parasite appelé trypanosome transmis par la mouche tsé-tsé. Une équipe de chercheurs CNRS vient d'identifier une nouvelle protéine au sein de ce parasite, dont l'absence empêche celui-ci de s'alimenter. Privé de nutriments, le parasite meurt. D'une importance considérable, ces travaux permettent d'envisager des stratégies thérapeutiques prometteuses contre ce fléau. Ils sont publiés le 6 mai 2008 dans la revue PLoS Biology.
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CIBLER UNE ZONE PATHOLOGIQUE PAR IRM
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est devenue un outil de diagnostic clinique courant grâce à l’utilisation d’agents de contraste, équivalents d’un colorant, permettant d’augmenter le contraste entre tissu sain et tissu malade. Cependant, ceux actuellement utilisés en clinique, ne permettent pas d’identifier une pathologie donnée ni de cibler la zone atteinte de l’organisme.
Les récents travaux de deux équipes du CNRS d’Orléans et de Gif-sur-Yvette (Centre de biophysique moléculaire d’Orléans et Institut de chimie des substances naturelles de Gif-sur-Yvette) apportent un espoir dans ce domaine. Leurs résultats sont en ligne sur le site de la revue Angewandte Chemie International Edition en qualité de « Very Important Paper ».
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JOURNÉE MONDIALE de l’ASTHME 2008 organisée en France par l’Association ASTHME & ALLERGIES
"Enfant asthmatique, pas de panique !" Contrôlez et équilibrez l'asthme de votre enfant
L'asthme de l'enfant est souvent une source d'inquiétude, avec un cortège de questions et d'interrogations, pour l'enfant lui-même et pour son entourage. Actuellement en France, 10% des enfants sont asthmatiques - diagnostiqués comme tels - ou souffrent de gênes respiratoires, de bronchites à répétition, de "bronchites asthmatiformes", qui sont
des équivalents d'asthme. Les appellations diverses qui évitent de parler "d'asthme" sont parfois
abusivement utilisées - pour ne pas "affoler" les parents, mais peuvent être dangereuses, sources de confusion ou de retard dans le diagnostic d'asthme et par conséquent dans son traitement. L’asthme est la première maladie chronique chez l’enfant.
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LA GÉNÉTIQUE EXPLIQUE LES VARIATIONS DE GLYCÉMIE ASSOCIÉES AU RISQUE CARDIOVASCULAIRE
Une étude française, canadienne et britannique vient d’identifier un gène qui contrôle la variabilité de la glycémie chez l’homme sain. Ces résultats dirigés par le professeur Philippe Froguel (CNRS - Institut de Biologie de Lille - Université Lille 2 et Imperial College London) en collaboration avec le Docteur Robert Sladek (McGill University Montréal, Canada) sont publiés le 1er mai 2008 dans la revue Science. Cette découverte pourrait avoir des répercussions importantes car un taux de glucose légèrement élevé (mais bien en deçà de la définition du diabète) est associé à une mortalité augmentée et à l’apparition de maladies cardiovasculaires chez des individus en apparente bonne santé.
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COMMENT AGIT L’ARSENIC POUR GUÉRIR LA LEUCÉMIE
L'arsenic est un traitement remarquablement efficace d'une forme rare de leucémie. Les chercheurs d’une unité CNRS / Université Paris Diderot située à l’Institut Universitaire d’Hématologie au sein de l’Hôpital Saint Louis ont mis en évidence le mécanisme d’action de l’arsenic dans le traitement de ce type de leucémie. Ces travaux devraient conduire à une meilleure compréhension de la thérapeutique et donc à des stratégies médicales mieux adaptées pour cette maladie. Ces travaux ont été soutenus par la Ligue contre le cancer et sont publiés le 13 avril 2008 sur le site internet de la revue Nature cell biology.
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Pression allergénique : est-ce pire à l’intérieur ?
L’homme vit de plus en plus en espace clos du fait de l’évolution de son mode de vie et de la recherche croissante de confort. Ce changement de comportement n’est pas sans conséquence sur la santé. Mal connues du grand public, les sources de pollution de l’air intérieur sont nombreuses et variées et les facteurs de risque sur la santé sont parfois bien plus élevés qu’à l’extérieur de nos habitations.
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L’ASSOCIATION HÉMOCHROMATOSE FRANCE INFORME
Journée nationale de l’hémochromatose le samedi 7 juin 2008 dans 70 villes de France
L’hémochromatose, maladie génétique liée à une surcharge en fer, encore trop peu ou mal connue, touche 1 personne sur 300 en France (2 millions en Europe, 1 million aux USA). Elle est due à un manque d’hepcidine qui ne s’oppose plus à l’hyperabsorption du fer alimentaire.
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LES EUROPÉENS JUGENT LA PHILANTHROPIE IMPORTANTE ET SURTOUT EFFICACE POUR BÂTIR UN MONDE MEILLEUR
À l’occasion de la Cité de la Réussite, organisée cette année autour du thème de l’engagement, HSBC a souhaité brosser un état des lieux de l’opinion à l’égard de la philanthropie et en a confié l’étude à Ipsos.
La philanthropie est-elle jugée importante face aux enjeux actuels ? Les dons sont-ils jugés efficaces pour faire avancer les causes que l’on soutient ? Quelles causes les Européens souhaitent-ils soutenir en priorité ? Les établissements bancaires peuvent-ils jouer un rôle dans une démarche philanthropique ?
Pour répondre à ces questions, Ipsos a interrogé un échantillon de 5007 personnes, représentatives des populations âgées de 18 ans et plus dans cinq pays européens (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne).
http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/2506.asp
EFFICACITÉ DES ANTIDÉPRESSEURS
A la suite de la publication d’une méta-analyse sur l’efficacité des antidépresseurs, l’Afssaps rappelle les règles de bon usage des antidépresseurs chez l’adulte. Comme cela a été précisé dans les recommandations émises en 2005 et 2006, ces médicaments sont indiqués chez l’adulte dans le traitement de l’épisode dépressif caractérisé d’intensité modérée à sévère. De plus, le traitement par antidépresseurs ne doit pas être arrêté brutalement.
Une revue scientifique vient de publier une méta-analyse portant sur l’efficacité de 4 médicaments antidépresseurs (fluoxétine, valenfaxine, nefazodone, paroxetine). Cette analyse compile les données de différentes études réalisées entre 1985 et 1992. La publication conclut que les antidépresseurs ne sont pas plus efficaces que le placebo dans le traitement des dépressions légères à modérées mais qu’ils le sont davantage chez les patients souffrant d’une dépression sévère.
L’Afssaps a pris connaissance de cette méta-analyse qui n’apporte pas d’informations fondamentalement nouvelles sur l’efficacité des antidépresseurs, et ne remet pas en cause leur balance bénéfice/risque. En effet, il est bien connu depuis de nombreuses années que l’effet placebo peut avoir une certaine efficacité dans le traitement de la dépression d’intensité légère. En revanche, l’efficacité des antidépresseurs dans la prise en charge de la dépression d’intensité modérée à sévère est réelle, bien que modérée en moyenne sur l’ensemble des patients traités. L’étude montre d’ailleurs elle-même que les antidépresseurs sont d’autant plus efficaces, relativement au placebo, que l’intensité de la dépression est plus forte.
En avril 2005, l’Afssaps a émis des recommandations sur « Le bon usage des antidépresseurs au cours des troubles dépressifs chez l’adulte ». Elles ont été complétées en octobre 2006 par des recommandations sur « Le bon usage des médicaments antidépresseurs dans le traitement des troubles dépressifs et des troubles anxieux de l’adulte » .Ces recommandations indiquent que les antidépresseurs sont réservés au traitement des formes sévères de dépression et que le traitement ne doit pas être arrêté brutalement.
Avant de débuter un traitement par antidépresseur, il est important de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une dépression d’intensité légère ou de symptômes transitoires. En effet pour les patients concernés, le premier mode de prise en charge doit être un suivi médical régulier avec écoute et soutien psychologique.
Les recommandations portant sur « Le bon usage des antidépresseurs au cours des troubles dépressifs chez l’adulte » (avril 2005) et « Le bon usage des médicaments antidépresseurs dans le traitement des troubles dépressifs et des troubles anxieux de l’adulte » (octobre 2006) sont disponibles sur le site de l’Afssaps (www.afssaps.sante.fr). L’Afssaps a également récemment publié des recommandations sur « Le bon usage des antidépresseurs au cours de la dépression chez l'enfant et l'adolescent » (janvier 2008).
UN NOUVEAU MÉCANISME PERMETTANT UNE TRANSMISSION FIDÈLE DE L'INFORMATION NEURONALE
Les récepteurs des neurotransmetteurs se déplacent très rapidement. Une mobilité qui joue un rôle primordial, et jusqu'à présent insoupçonné, dans le passage de l'influx nerveux d’un neurone à l’autre. Ce mouvement contrôle ainsi la fidélité de transfert de l'information. C'est ce que viennent de démontrer des chercheurs du laboratoire "Physiologie cellulaire de la synapse" (CNRS / Université Bordeaux 2) coordonnés par Daniel Choquet, directeur de recherche au CNRS. Permettant de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la transmission neuronale, ces travaux suggèrent de nouvelles cibles thérapeutiques pour les troubles neurologiques et psychiatriques qui dépendent d’une mauvaise communication entre neurones (maladie de Parkinson, Alzheimer, TOC…). Fruit d'une collaboration avec des physiciens du Centre de physique moléculaire optique et hertzienne (CPMOH, CNRS / Université Bordeaux 1) et des équipes allemandes et américaines, ils sont publiés le 11 avril 2008 dans Science.
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LA PALEO-GÉNOMIQUE OU COMMENT RECONSTRUIRE L’HISTOIRE DES GÉNOMES DES CÉRÉALES SUR 90 MILLIONS D’ANNÉES POUR L’AMÉLIORATION DES VARIÉTÉS DE DEMAIN
Les chercheurs de l’INRA ont modélisé l’évolution des génomes de céréales (riz, blé, sorgho et maïs) à partir d’un ancêtre commun à 5 chromosomes. Pour cela, ils ont étudié les duplications du génome de blé et ont réalisé une analyse comparée avec le génome du riz et d’autres céréales. Le modèle, qui définit précisément les régions chromosomiques du riz, du blé, du sorgho et du maïs portant des gènes communs, permettra d’utiliser les connaissances acquises sur les génomes de l’ensemble de ces espèces pour améliorer chez le blé des caractéristiques agronomiques aussi importantes que le rendement, la résistance aux stress… Les céréales regroupent plus de 10 000 espèces et constituent la famille botanique la plus importante pour l’agriculture mondiale.
Les chercheurs de l’INRA ont identifié et analysé 7 duplications (copies) génomiques conservées entre les génomes de blé et de riz, appelées paléo-duplications. Ils ont identifié dans un premier temps 12 régions dupliquées au sein du génome de blé en analysant les relations d’homologies entre 6426 gènes cartographiés chez le blé. Parallèlement, sur la base des 42654 gènes annotés à l’heure actuelle chez le riz (génome totalement séquencé et annoté depuis 2005), ils ont mis en évidence 29 duplications chromosomiques au sein de ce génome. La comparaison des séquences des gènes disponibles chez le blé et des gènes annotés chez le riz leur a ensuite permis de caractériser finement 13 blocs de synténie (blocs de conservation de l’ordre des gènes) entre ces deux génomes. En intégrant les informations relatives aux duplications identifiées chez le blé et le riz ainsi que les blocs de synténie liant les deux génomes, ils ont pu identifier et caractériser 7 événements de paléo-duplication conservés entre les deux génomes.
Toutes les céréales sont issues d’un ancêtre à 5 chromosomes
Finalement, en poursuivant l’analyse comparée avec les données disponibles chez le sorgho et le maïs, les chercheurs ont construit un modèle évolutif des génomes de céréales (riz, blé, sorgho et maïs) à partir d’un ancêtre commun à 5 chromosomes.
Ce modèle permet de suivre le devenir des fragments chromosomiques aboutissant à des nombres de chromosomes différents dans les 4 espèces étudiées. Il propose pour la première fois un génome ancêtre à 5 chromosomes (datant de 90 millions d’années) et un intermédiaire à 12 chromosomes, apparu il y a 60 millions d’années, dont le riz reste le plus proche représentant.
Le transfert de connaissances d’une céréale à une autre est facilité
La connaissance de la structure de l’ancêtre commun des génomes de céréales et des relations entre certaines régions chromosomiques des espèces cultivées permet aux chercheurs d’identifier avec précision les régions au sein des génomes du riz, du blé, du sorgho du et maïs qui portent des gènes ayant une origine commune. Grâce à ce résultat, les informations obtenues sur la fonction d’un gène chez une de ces espèces (par exemple rôle dans la hauteur de la plante, la vernalisation, etc…) devraient permettre d’interpréter plus facilement sa fonction dans les autres espèces.
Ce modèle qui définit précisément les régions chromosomiques du riz, du blé, du sorgho et du maïs qui portent des gènes en commun est un outil pour améliorer chez le blé des caractéristiques agronomiques aussi importantes que le rendement, la résistance aux stress… Le séquençage complet en cours des génomes du maïs, du sorgho et du brome sera utilisé pour compléter et valider ce modèle évolutif.
La polyploïdie
a joué un rôle majeur dans l’évolution des génomes des céréales
La polyploïdie (le doublement du contenu chromosomique) constitue un mécanisme important de diversification et de génération de variabilité génétique dans le cadre de l’adaptation des plantes à leur environnement. La majorité des plantes, y compris les plantes cultivées, sont des polyploïdes, soit relativement récents (comme le colza, le blé, le cotonnier, la pomme de terre, la luzerne), soit anciens, retenant encore des "vestiges" d'événements de polyploïdisation plus anciens tels que le riz et le maïs.
Les génomes des céréales ont subit différents événements de polyploïdisation au cours de leur évolution, dont certains remontent à leur ancêtre commun il y a plus de 90 millions d’années. Les analyses de génomique comparées dans cette famille permettent d’étudier les mécanismes de fusions, translocations, duplications qui façonnent l’évolution des espèces ainsi que leur impact sur le fonctionnement des gènes et des génomes.
Références :
Salse J, Bolot S, Throude M, Jouffe V, Piegu B, Masood U, Calcagno T, Cooke R, Delseny M, Feuillet C (2008) Identification and characterization of conserved duplications between rice and wheat provide new insight into grass genome evolution. Plant Cell. Published on January 4, 2008; 10.1105/tpc.107.056309
Salse J, Feuillet C (2007) Comparative genomics of cereals. Chapter 18 in Genomics-Assisted Crop Improvement ; published by Springer Verlag. pp 177-205
ACIDES GRAS TRANS NATURELS OU INDUSTRIELS : DES EFFETS DIFFÉRENTS SUR LES RISQUES DE MALADIES CARDIOVASCULAIRES
Une équipe de chercheurs multidisciplinaire de l’INRA-Université d’Auvergne, du Centre de recherches Nestlé de Lausanne, et du CNIEL*, ont examiné les effets des acides gras trans (AGT) d’origine naturelle (lait, beurre et produits laitiers) et industrielle (huiles végétales partiellement hydrogénées) sur les marqueurs du risque de maladies cardiovasculaires. Cette étude montre que les acides gras trans issus de produits naturels ou de produits industriels ont des effets différents sur les risques de maladies cardiovasculaires (MCV). Les résultats révèlent aussi une sensibilité plus importante à certains AGT chez la femme que chez l’homme.
Les recherches sur les acides gras trans (AGT) et leurs éventuels effets sur la santé humaine représentent un enjeu important de santé publique. Les limites d’utilisations des acides gras trans sont basées sur des preuves scientifiques démontrant que les AGT provenant d’huiles végétales partiellement hydrogénées utilisées dans l’industrie sont nuisibles à la santé humaine. La consommation de ces AGT entraîne en effet une diminution du niveau de « bon cholestérol » (HDL-C) et conduisent à l’augmentation du niveau de « mauvais cholestérol » (LDL-C), élevant ainsi sensiblement le risque de maladies cardiovasculaires (MCV). Cependant, aucune étude n’a abordé les effets spécifiques des acides gras trans d’origine naturelle (issus du lait de ruminants et présents dans le lait, le beurre et les produits laitiers) par comparaison à ces AGT d’origine industrielle.
L’étude TRANSFACT montre que les AGT naturels provenant du lait de ruminants n’ont pas le même impact négatif sur les facteurs de risques de MCV que les AGT industriels. Il est ainsi établi que les AGT d’origine naturelle ne diminuent pas le « bon cholestérol » et n’affectent pas les lipoprotéines les plus athérogènes (c’est-à-dire favorisant le dépôt de corps gras dans les vaisseaux sanguins), les LDL petites et denses (les formes de transport qui élèvent le plus le risque).
De plus, les réponses biologiques aux AGT notamment sur les marqueurs plasmatiques sont plus significatives chez les femmes que chez les hommes.
Les résultats de cette étude suggèrent finalement que la consommation d’AGT d’origine naturelle, même à une dose largement supérieure à la consommation quotidienne constatée, n’a pas d’impact négatif sur les risques de maladies cardiovasculaires. De ce fait, on ne pourrait pas regrouper les 2 sources d’AGT au niveau de recommandations qui visent à réduire leur consommation. Seuls les AGT d’origine industrielle devraient être concernés par cette restriction.
Le CNIEL, l’INRA et Nestlé conduisent désormais des études plus approfondies pour mieux comprendre les différents effets des AGT et leurs mécanismes biologiques sous-jacents, pour fournir des éléments complémentaires aux agences de sécurité alimentaire et aux autorités de régulation en vue de recommandations nutritionnelles en faveur de la lutte contre les maladies cardiovasculaires.
* Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière
Source:
Do Trans Fatty Acid from Industrially-Produced Sources and from Natural Sources Have the Same effect on Cardiovascular Diseases Risk Factors in Healthy Subjects? Results of the TRANSFACT Study
American Journal of Clinical Nutrition, vol 87, Number 3, Mach 2008, pp 558-566
Jean-Michel Chardignya, Frédéric Destaillatsb, Corinne Malpuech-Brugèrea, Julie Moulinb, Dale E. Baumanc, Adam L. Lockc, Dave M. Barbanod, Ronald P. Mensinke, Jean-Baptiste Bezelguesb, Patrice Chaumontf, Nicole Combeg, Isabelle Cristianib, Florent Joffreh, J. Bruce Germani, Fabiola Dionisia, Yves Boiriea, and Jean-Louis Sébédioa.
aINRA - Université Clermont1, UMR1019, Clermont-Ferrand, France
bNestec, Nestlé Research Centre, Lausanne, Switzerland
cDepartment of Animal Science, Cornell University, US
dDepartment of Food Science, Cornell University, US
eDepartment of Human Biology, Maastricht University, The Netherlands
fFrench Dairy Council, Paris, France
gDepartment of Nutrition of ITERG, Bordeaux I University, France
hOmega 21, Dijon, France
iDepartment of Food Science and Technology, University of California, Davis, US
NOS GÈNES RÉGULENT NOTRE TAUX SANGUIN D’ANTIOXYDANTS ISSUS DE L’ALIMENTATION
Une équipe de chercheurs de l'INRA d’Avignon, l'Inserm et des Universités d'Aix-Marseille I & II, a mis en évidence le rôle de certains gènes dans la régulation de micronutriments potentiellement bénéfiques pour la santé. Elle a en effet montré chez l'homme que les taux sanguins de deux types d'antioxydants issus de l'alimentation, la vitamine E et les caroténoïdes, sont modulés par certains gènes. À apport alimentaire égal, les taux sanguins de ces antioxydants diffèrent en fonction des différentes formes de ces gènes portées par les individus. Ce travail, représente un pas important dans le domaine de recherche émergent de la nutrigénétique*.
On trouve, dans l’alimentation courante des habitants des pays occidentaux, principalement deux formes naturelles de vitamine E (l’alpha et le gamma-tocophérol) et six formes de caroténoïdes (dont les plus connues sont l'alpha et le beta-carotène, le lycopène et la lutéine). La vitamine E est un élément nutritif essentiel à la santé humaine. Les caroténoïdes, quant à eux, semblent jouer un rôle préventif dans certaines maladies (cancers, maladies cardio-vasculaires...). Ainsi, selon plusieurs études, la lutéine semble notamment prévenir la dégénérescence maculaire liée à l'âge et le lycopène aurait un effet préventif contre le cancer de la prostate.
Les mécanismes de l'absorption et de la régulation des concentrations sanguines de ces antioxydants chez l'homme sont encore peu connus. Ces deux types micronutriments ont la particularité d'être solubles dans les lipides (ou liposolubles), et transportés dans le sang par des complexes formés de protéines et de lipides appelés lipoprotéines. Les chercheurs ont supposé que le devenir de ces micronutriments pourrait donc être lié aux gènes impliqués dans le métabolisme des lipides, notamment ceux intervenant dans leur transport, et dans le métabolisme des lipoprotéines. Une étude récente avait déjà montré un lien entre un gène impliqué dans le métabolisme des lipoprotéines, apo E, et le taux de vitamine E dans le sang.
L'équipe de chercheurs de l'INRA d’Avignon, l'Inserm et des Universités d'Aix-Marseille I et II, animée par Patrick Borel (INRA), a étudié en détail 5 gènes du métabolisme des lipides pour tenter d'identifier des liens avec les taux sanguins d'antioxydants liposolubles.
Les chercheurs ont étudié une cohorte de 128 personnes (48 hommes et 80 femmes) observant le régime méditerranéen, proche des recommandations nutritionnelles. Ils consommaient environ 11 mg/jour de vitamine E, les femmes ayant un apport réduit par rapport aux hommes, et environ 4 mg/j d’alpha et de beta-carotène (les recommandations pour ce dernier portant sur 2,1 mg/j).
Un lien entre les taux de vitamine E et de caroténoïdes dans le sang et les variants des gènes étudiés
Après identification de variants des 5 gènes étudiés chez chaque individu, les chercheurs ont pu établir des corrélations avec les concentrations sanguines d'antioxydants. Les individus ont, avec un apport alimentaire égal en ces micronutriments, des taux sanguins de caroténoïdes et de vitamine E différents selon qu'ils sont porteurs d'une forme ou d’une autre de ces gènes.
Les chercheurs confirment ainsi que les taux sanguins de vitamine E peuvent être modulés par des variants du gène Apo E, et ils identifient l'implication de deux autres gènes impliqués dans le métabolisme des lipoprotéines (apo A-IV et apo B). Enfin, ils démontrent pour la première fois qu'un autre gène (SCARB1) joue un rôle dans la régulation du taux sanguin de vitamine E et de caroténoïdes. Ce gène synthétise une protéine (SR-BI) impliquée dans le métabolisme des lipides et dans l’absorption intestinale de ces micronutriments.
Ces micronutriments étant probablement protecteurs vis-à-vis d'un certain nombre de pathologies, cette protection a-t-elle la même efficacité d'un individu à l'autre, pour des apports alimentaires identiques ?
Ce travail représente un pas important dans le domaine de la nutrigénétique. Il permet de mieux comprendre comment les gènes peuvent intervenir sur les taux sanguins de micronutriments essentiels à la préservation de la santé. Des études complémentaires sur d’autres cohortes sont en cours (étude SU.VI.MAX2)et viendront compléter ces données pour éclairer notre connaissance dans ce domaine de recherche émergent.
* la nutrigénétique est l’étude de la variabilité de réponse aux nutriments, d’un individu à l’autre au sein d’une même espèce, en fonction de la variabilité génétique individuelle.
Références :
Human Plasma Levels of Vitamin E and Carotenoids Are Associated with Genetic Polymorphisms in Genes Involved in Lipid Metabolism
Journal of Nutrition décembre 2007 n°137: 2653-2659.
Patrick Borel1, Myriam Moussa1, Emmanuelle Reboul1, Bernard Lyan2, Catherine Defoort1, Stéphanie Vincent-Baudry1, Matthieu Maillot1, Marguerite Gastaldi1, Michel Darmon1, Henri Portugal1, Richard Planells1, et Denis Lairon1
1 Unité mixte de recherche "Nutrition humaine et lipides" INSERM/INRA/Université d'Aix-Marseille I et II, Faculté de médecine de la Timone, Marseille.
2 Unité mixte de recherche "Nutrition humaine" INRA/Université de Clermont I, Centre INRA de Clermont-Ferrand
http://jn.nutrition.org/cgi/content/abstract/137/12/2653
UNE BACTÉRIE MANGEUSE DE CHOLESTÉROL IDENTIFIÉE CHEZ L’HOMME
Pour la première fois chez l’homme, des chercheurs de l’INRA ont identifié l’une des bactéries du tube digestif qui dégradent le cholestérol en coprostanol, métabolite non absorbable éliminé dans les fèces. Baptisée Bacteroides dorei Strain D8, une telle bactérie pourrait à terme être utilisée pour diminuer le taux de cholestérol trop élevé chez les personnes à risques.
En France, le deuxième Programme national nutrition santé (2006-2010) a pour objectif de réduire de 5 % la cholestérolémie moyenne dans la population adulte, dans le cadre d’une prévention globale des risques de maladies cardio-vasculaires et de cancer. Aux États-Unis, plus du tiers de la population présenterait déjà ces risques en raison d’un taux élevé de cholestérol.
Des chercheurs du laboratoire INRA d'Ecologie et Physiologie du Système Digestif, à Jouy-en-Josas, s’intéressent à la relation entre l’alimentation et la flore intestinale humaine ou « microbiote intestinal », ainsi qu’à leur impact conjoint sur le maintien d’une bonne santé. On sait, depuis les années 1930, que ce microbiote est capable de réduire le cholestérol en coprostanol. Il a par ailleurs été montré que cette activité est inégalement répartie parmi la population humaine (selon les personnes le cholestérol est totalement, partiellement ou pas du tout transformé par les bactéries intestinales) et qu’un taux élevé de coprostanol dans les fèces est associé à un taux plus faible de cholestérol sanguin.
Cependant, si quelques bactéries du genre Eubacterium possédant cette activité ont été identifiées chez le rat, le cochon ou le babouin, aucun laboratoire n’a pu jusque là isoler les bactéries responsables de ces transformations chez l’homme. L’enjeu consiste à isoler ces bactéries parmi les 100 milliards présentes dans un gramme de matière contenue dans le côlon, là où la densité bactérienne du système digestif est précisément la plus importante.
L’identification d’une bactérie réduisant le cholestérol
A partir des fèces d’une personne dont la teneur en coprostanol était très élevée, des mélanges de 12 colonies bactériennes ont été réalisés et cultivés en présence de cholestérol. Dans une de ces cultures, le cholestérol a été totalement converti en coprostanol. Les 12 bactéries correspondantes ont ensuite été testées individuellement. Au bout du troisième jour, l’une d’entre elles, du genre Bacteroides, très répandu dans le microbiote intestinal (près de 20 % des bactéries) a commencé la digestion de son substrat, achevée après 7 jours. Cette durée est la même que celle mise en œuvre par les Eubacterium, genre auquel appartiennent les bactéries déjà identifiées chez l’animal.
Une analyse génétique a ensuite permis aux chercheurs de l’INRA de rapprocher leur bactérie nouvellement isolée, avec 99,5 % de similitudes, de l’espèce Bacteroides dorei, mais qui ne possède pas la capacité de réduire le cholestérol. Les chercheurs en déduisent donc que leur candidate active, baptisée Strain D8, est une des variantes, ou souche, de B. dorei. Reste à identifier les gènes responsables de cette activité chez cette souche D8 ainsi que les autres bactéries de l’intestin humain possédant cette capacité à réduire le cholestérol.
Référence :
Bacteroides sp. Strain D8, the First Cholesterol-Reducing Bacterium Isolated from Human Feces
APPLIED AND ENVIRONMENTAL MICROBIOLOGY, Sept. 2007, Vol. 73, No. 18, p. 5742–5749
Philippe Gerard1, Pascale Lepercq1,Marion Leclerc1, Françoise Gavini2, Pierre Raibaud1 et Catherine Juste1
1Unité d’Ecologie et Physiologie du Système Digestif, INRA, Domaine de Vilvert, 78352 Jouy-en-Josas cedex, France
2 Laboratoire de Génie des Procédés et Technologies Alimentaires, INRA, 369 Rue Jules Guesde,
F-59651 Villeneuve d’Ascq, France
QUAND LES BACTÉRIES PHYTOPATHOGÈNES FONT LA PLUIE ET … LA NEIGE
Cindy Morris, chercheuse de l’INRA d’Avignon et ses collègues américains ont montré qu’une partie importante des noyaux glaçogènes, constitutifs de la neige tombant de l’Antarctique à l’Europe sont d’origine biologique. Ils ont ciblé leurs recherches sur les bactéries dites "glaçogènes", qui sont également pathogènes des plantes. Agissant comme catalyseurs de la cristallisation de l'eau pour former la glace dans les nuages elles pourraient ainsi jouer un rôle dans la formation de la pluie et la neige. Ces résultats ont été publiés dans le numéro de « SCIENCE » du 29 février 2008.
L’eau ne gèle pas à 0°C
Pour qu’il neige ou qu’il pleuve, il faut nécessairement que de la glace se forme dans les nuages en altitude. Cependant à des températures entre 0 et jusqu'à -40°C, l'eau ne gèle pas « spontanément ». Pour cristalliser, il faut que se forment des noyaux de congélation, qui serviront de supports pour la prise de l’eau en glace. L’origine de ces noyaux ou catalyseurs de la formation du gel, peut être de nature différente : minérale (poussières en suspension, sable) ou biologique (aréosols organiques, mais aussi bactéries).
Pour mieux connaître la nature de ces catalyseurs de glace dans l’atmosphère, une équipe de chercheurs composée de phytopathologistes, de microbiologistes et de spécialistes en glaciologie ont recueilli, en 2005 et 2006, 19 échantillons de neige fraîche à moyenne et haute altitude aux Etats-Unis (Montana), en France (Alpes et Pyrénées), au Canada (Yukon) et dans l'Antarctique. Ils ont analysé les concentrations et la nature des différents types de catalyseurs retrouvés dans ces échantillons. C’est la première fois que la part des particules d’origine biologique parmi l’ensemble des noyaux glaçogènes a pu être identifiée.
Des particules d’origine biologique dans toutes les neiges
Découvertes dans les années 70, les bactéries glaçogènes sont présentes en grande quantité à la surface des feuilles des plantes. Elles peuvent être pathogènes pour certaines plantes, comme Pseudomonas syringae responsable d’une maladie sur melon en France (voir photos). Présentes à toutes les étapes du cycle de l'eau, elles ont la propriété de catalyser la formation de glace à des températures autour de -2°C. La destruction de ces bactéries par les agriculteurs sur les plantes permet donc aussi aux cultures de mieux résister au gel.
Pour identifier des particules glaçogènes d’origine biologique, les chercheurs ont ciblé les propriétés des noyaux glaçogènes de cette bactérie ubiquiste : des protéines ancrées dans sa membrane externe.
Des catalyseurs d’origine biologique ont été retrouvés dans tous les échantillons : en plus petite concentration dans ceux provenant de l’Antarctique et en quantité 25 fois plus élevée dans ceux de France et du Montana.
Les échantillons de neige ayant été prélevés en dehors des périodes et des lieux dans lesquels les feuilles des plantes locales pouvaient contenir ces bactéries, les chercheurs montrent que ces particules sont largement dispersées dans l’atmosphère, et qu’elles parcourent de longues distances en conservant leur pouvoir de catalyseur. Les résultats suggèrent que lorsqu’elles sont présentes dans les nuages, elles pourraient jouent un rôle important dans la formation de la glace, notamment quand les températures sont douces (entre -7°C et -4°C).
Ces nouvelles connaissances sont utiles pour décrypter les interactions entre biosphère et climat et permettront d’affiner les modèles de prévision météorologiques. Mais elles permettent également de mieux comprendre la dissémination atmosphérique de ces bactéries pathogènes des plantes. Leur lien avec la météorologie, pourrait représenter de nouveaux enjeux importants pour l’agriculture.
Les chercheurs envisagent d’étudier des échantillons du ‘Fremont Glacier’ dans le Wyoming par exemple qui leur permettront de mieux cerner le rôle de l'agriculture dans la propagation des bactéries glaçogènes, en examinant des temps antérieurs à l’expansion des monocultures dans l’ouest des USA.
Référence :
Ubiquity of Biological Ice Nucleators in Snowfall
Brent C. Christner,1* Cindy E. Morris,2 Christine M. Foreman,3 Rongman Cai,1 David C. Sands4
Science 29 February 2008, Vol. 319. no. 5867, p. 1214, DOI: 10.1126/science.1149757
1 Department of Biological Sciences, Louisiana State University, Baton Rouge, LA 70803, USA.
2 L'Institut National de la Recherche Agronomique, Unité de Pathologie Végétale UR407, F-84140 Montfavet, France.
3 Center for Biofilm Engineering and Department of Land Resources and Environmental Sciences, Montana State University, Bozeman, MT 59717, USA.
4 Department of Plant Sciences and Plant Pathology, Montana State University, Bozeman, MT 59717, USA.
LES EFFETS DU RÉCHAUFFEMENT LIE A L’ACTIVITÉ HUMAINE DÉJÀ OBSERVABLES
Des changements significatifs des systèmes physiques et biologiques depuis 50 ans sont aujourd’hui établis, pour tous les continents et la plupart des océans, avec une concentration des observations sur l’Europe et l’Amérique du nord. Ces changements sont observés essentiellement dans les régions où la température a augmenté significativement et ils vont, en très grande majorité, dans le sens attendu des effets du réchauffement. Cette étude conclut que le réchauffement d’origine anthropique constaté à l’échelle globale depuis une cinquantaine d’années a déjà produit des effets significatifs, observables sur les systèmes terrestres physiques et biologiques. Un chercheur de l’INRA est un des auteurs de ce résultat paru dans la revue Nature du 15 mai 2008.
Cette publication peut être considérée comme un prolongement des conclusions du GIEC en 2007, issues du groupe de travail sur les impacts, adaptation et vulnérabilité. La quasi-totalité des auteurs de l’article paru dans Nature appartenaient à ce groupe du GIEC, dont Bernard Seguin, responsable de la mission « changement climatique et effet de serre » de l’INRA. A l’occasion de ce travail collectif, l’analyse de la bibliographie - qui représente la fonction essentielle des rédacteurs des rapports du GIEC - avait permis de constituer une base de données, à partir d’une sélection d’articles contenant des études documentées sur les réponses des systèmes physiques (cryosphère, hydrologie, processus côtiers) et biologiques (aquatiques, terrestres, agriculture et forêt) de 1970 à 2004.
A partir d’environ 80 publications répertoriées, les chercheurs ont introduit dans la base de données quelque 29.500 séries observées, qui ont été localisées géographiquement et mises en relation avec les évolutions climatiques mesurées pendant la même période.
L’analyse quantitative approfondie parue dans Nature à partir de cette base de données permet d’obtenir des résultats statistiques très significatifs : plus de 90% des 29.500 séries observées vont dans le sens attendu des effets du réchauffement : précocité des stades de débourrement de la végétation, avancée des dates de floraison des arbres fruitiers et dates des vendanges, augmentation du taux de sucre dans les baies de raisin et de l’acidité, augmentation de la productivité des forêts estimée à partir de données satellitaires, diminution de la longueur des glaciers, variation de la composition chimique des océans et variations des populations de poissons. Il est très improbable pour l’Amérique du nord et l’Asie (p<0.05) et l’Europe (p<0.10) que les évolutions observées soient dues à la seule variabilité naturelle du climat. Par ailleurs, un nombre très faible d’études (9 séries) fait apparaître une probabilité forte d’effet résultant d’autres facteurs déterminants tels que le changement d’occupation du sol ou la pollution, conséquences de l’activité humaine autres que l’émission directe de gaz à effet de serre.
Les auteurs en concluent que le réchauffement d’origine anthropique, lié à l’activité humaine, constaté à l’échelle globale depuis une cinquantaine d’années, a déjà produit des effets significativement observables sur les systèmes terrestres physiques et biologiques.
Voici pour information les grandes lignes des effets observés, tels qu’ils ressortent des rapports du GIEC :
► pour la cryosphère : une fonte accélérée qui se traduit par un recul généralisé des glaciers, une augmentation du ruissellement et des débits dans les zones glaciaires ou nivales, ainsi que des avalanches de glaces et de rochers, le déplacement des mammifères dans l’Arctique et de la faune de l’Antarctique, la fonte du permafrost dans les hautes latitudes, le déplacement vers le haut de stations de ski, etc…
► pour l’hydrologie et les ressources en eau : l’accroissement des sécheresses en zone aride et semi-aride, les inondations et les glissements de terrain pendant la saison chaude en zones montagneuses.
► pour les écosystèmes aquatiques (océans, eaux douces, fleuves et rivières) : le réchauffement avec des conséquences bien établies sur la stratification thermique et la composition chimique, l’abondance et la productivité, la composition des communautés, la phénologie, la distribution et la migration des espèces végétales et animales.
► pour les systèmes biologiques terrestres : des réponses bien établies dans l’hémisphère nord avec une avancée généralisée de la phénologie au printemps, et une saison de végétation plus longue. La population de certaines espèces a diminué ou même disparu, et des mouvements vers le nord ou des altitudes plus élevées ont été observés.
► pour l’agriculture et la forêt : une avancée similaire de la phénologie en Europe et en Amérique du nord, avec une saison de végétation sans gel allongée (en partie sans doute à l’origine de l’augmentation de la productivité forestière, de l’ordre de 30 à 40%, maintenant confirmée par des observations satellitaires). En dehors de l’observation d’ une avancée systématique des dates de floraison des arbres fruitiers, l’illustration la plus nette se situe en viticulture, particulièrement sensible à ce réchauffement. L’ensemble des régions viticoles de ces mêmes zones montre une avancée des stades phénologiques, qui se répercute sur les dates de vendange, ainsi qu’une augmentation de la teneur en sucre et du degré alcoolique qui conduit, pour les vingt dernières années, à des vins généralement de haute qualité. Pour la forêt, on a observé également une avancée des dates de débourrement de l’ordre de 5 à 8 jours sur l’Eurasie, une migration vers le nord de la limite forêt-toundra et une augmentation des feux de forêt au Canada, ainsi qu’une extension de certains insectes aux USA.
Références :
“Attributing physical and biological impacts to anthropogenic climate change”
Cynthia Rosenzweig1, David Karoly2, Marta Vicarelli1, Peter Neofotis1, Qigang Wu3, Gino Casassa4, Annette Menzel5, Terry L. Root6, Nicole Estrella5, Bernard Seguin7, Piotr Tryjanowski8, Chunzhen Liu9, Samuel Rawlins10 & Anton Imeson11
Nature 453, 353-357 (15 May 2008) | doi:10.1038/nature06937
1 NASA/Goddard Institute for Space Studies and Columbia Center for Climate Systems Research, 2800 Broadway, New York, New York 10025, USA
2 School of Earth Sciences, University of Melbourne, Victoria 3010, Australia
3 School of Meteorology, University of Oklahoma, 100 East Boyd Street, Norman, Oklahoma 73019, USA
4 Centro de Estudios Científicos, Avenida Arturo Prat 514, Casilla 1469, Valdivia, Chile
5 Center of Life and Food Sciences Weihenstephan, Technical University of Munich, Am Hochanger 13, 85 354 Freising, Germany
6 Stanford University, Center for Environmental Science and Policy, Stanford, California 94305, USA
7 INRA Unité Agroclim, Site Agroparc, domaine Saint-Paul, F-84914 Avignon Cedex 9, France
8 Department of Behavioural Ecology, Institute of Environmental Biology, Adam Mickiewicz University, Umultowska 89, PL-61–614 Poznan, Poland
9 China Water Information Center, Lane 2 Baiguang Road, Beijing 100761, China
10 Caribbean Epidemiology Center, 16–18 Jamaica Boulevard, Federation ParkPO Box 164, Port of Spain, Trinadad and Tobago
11 3D-Environmental Change, Curtiuslaan 14, 1851 AM, Heiloo, Netherlands
